
On ne demande pardon que pour l’impardonnable… Écrire et réécrire ces mots de Derrida, au fil de l’encre, les inscrire sur le papier comme des cicatrices récurrentes.
Il y a des questions qui résistent à toute réponse définitive.
Peut-on tout pardonner ?
Mais peut-être faudrait-il d’abord se demander : pardonne-t-on à quelqu’un, ou pardonne-t-on quelque chose ?
Peut-on dissocier un être de la faute qu’il a commise ? Une personne de son acte ? Le présent d’un passé qui continue parfois de tout envahir ?
Le pardon se loge peut-être dans cet espace fragile entre l’acte et celui qui l’a commis, entre ce qui ne peut être effacé et ce qui, pourtant, pourrait être regardé autrement.

Il y avait l’eau qui l’entourait, et l’air qu’elle respirait.
Masse carbonée en mouvement dansé, l’océan comme théâtre de ses cabrés.
Plonger, aller chercher dans l’obscurité le plancton qui la fait reine.
Se redresser, inspirer à la surface l’oxygène qui fait pulser le sang dans ses veines.
Elle, la baleine.
Mais le temps a passé, le plancton s’est raréfié, l’oxygène a diminué.
Son corps, lourd, a cessé de se mouvoir, et sur le fond, elle est tombée.
Incrustée. Sédiments, sable, roches. Sa peau s’est fissurée
Disloquée. Courants, poissons, crustacés. Ses chairs se sont dispersées.
De l’intérieur, le vide a progressé. Bientôt, seuls ses os témoignent de son passé.
Fossilisée.